184 opticiens-lunetiers diplômés · les prix relevés, pas annoncésLa base de remboursement de la Sécurité sociale sur une monture : 0,05 €Votre opticien doit vous proposer un devis en classe A — c'est la loi184 opticiens-lunetiers diplômés · les prix relevés, pas annoncésLa base de remboursement de la Sécurité sociale sur une monture : 0,05 €Votre opticien doit vous proposer un devis en classe A — c'est la loi
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Remboursement des lunettes par la Sécurité sociale

Six centimes, et ce n’est pas une erreur de frappe

La base de remboursement de l’Assurance maladie pour un verre d’adulte est de 0,05 €. Celle d’une monture d’adulte est également de 0,05 €. Le taux appliqué est de 60 %. Une paire complète, deux verres et une monture, présente donc une base cumulée de 0,15 €, sur laquelle le régime obligatoire verse 0,09 €. Ce chiffre n’a plus aucun rapport avec le prix du produit, et personne dans la profession ne prétend le contraire. Il résulte d’un gel de la nomenclature pendant des décennies, pendant lesquelles les tarifs adultes n’ont jamais été revalorisés alors que les prix de vente suivaient l’inflation et la sophistication des verres.

Élément Base de remboursement Taux Versé par l’Assurance maladie
Verre unifocal adulte 0,05 € 60 % 0,03 €
Monture adulte 0,05 € 60 % 0,03 €
Paire complète adulte 0,15 € 60 % 0,09 €
Paire en panier 100 % santé, unifocaux ≤ 6 δ 94,00 € (30 € monture + 64,00 € verres) 60 % puis complémentaire Reste à charge nul

Pourquoi ce tarif fantôme sert encore à quelque chose

Un tarif à cinq centimes conserve deux fonctions techniques. D’abord, il ouvre le droit : sans base de remboursement, pas de code inscrit à la Liste des produits et prestations, donc pas de télétransmission, donc pas de dossier électronique transmis à la complémentaire. Ensuite, il porte la périodicité. C’est le passage du dossier dans les tuyaux de l’Assurance maladie qui date la prise en charge et détermine à quel moment le porteur redevient éligible. Le régime obligatoire ne paie presque rien mais tient le calendrier, et ce calendrier commande le remboursement de la mutuelle, comme expliqué sur la page consacrée au reste à charge.

Les codes LPP, langage réel de la facture

Chaque verre porte un code à sept chiffres qui encode le type, la classe et la tranche de puissance. Un code LPP distingue un unifocal sphérique d’un unifocal sphéro-cylindrique, sépare les puissances faibles des puissances fortes, et signale l’appartenance au panier de classe A ou de classe B. Sur une facture détaillée, ces codes apparaissent en regard de chaque ligne, et ils sont opposables : le prix affiché doit correspondre au produit codé. Un porteur qui veut vérifier qu’on lui a bien facturé un progressif de classe B et non un unifocal cherche cette colonne avant de regarder le total.

La périodicité, vraie règle du jeu

Le remboursement n’est pas annuel. Il est encadré par des délais qui varient selon l’âge et qui se comptent de date de facturation à date de facturation.

  • Avant six ans, une prise en charge est possible tous les six mois, l’œil de l’enfant évoluant vite et la monture souffrant beaucoup.
  • De six à seize ans, le rythme passe à une paire par an, ce qui suit le calendrier scolaire et les contrôles réguliers.
  • À partir de seize ans, le délai standard est de deux ans entre deux prises en charge d’équipement complet.
  • Le délai court à partir de la date d’acquisition du dernier équipement remboursé, pas à partir de la date de l’ordonnance.

Les dérogations qui raccourcissent le délai

Un adulte peut être rééquipé avant deux ans en cas d’évolution de la vue justifiée par une nouvelle ordonnance. Le seuil habituellement retenu est une variation d’au moins 0,50 δ sur un verre, ou l’apparition d’un astigmatisme jusque-là absent. D’autres situations ouvrent également le droit : chirurgie de la cataracte, changement de correction lié à un traitement médical, ou passage d’un unifocal à un progressif. Pour l’enfant de moins de seize ans, une simple mauvaise adaptation de la monture ou une croissance rapide du visage suffit à motiver un renouvellement anticipé, sur constat de l’opticien.

Le 100 % santé a déplacé la question

Depuis l’entrée en vigueur du panier de classe A, la question n’est plus « combien rembourse la Sécurité sociale » mais « quelle classe d’équipement ai-je choisie ». En classe A, la monture est plafonnée à 30 €, les unifocaux à 64,00 € la paire jusqu’à 6 δ de sphère et 82,50 € au-delà, les progressifs à 126,00 € ou 151,00 € selon la même limite de puissance. Le reste à charge est nul, la complémentaire complétant intégralement ce que le régime obligatoire ne couvre pas. En classe B, les prix sont libres et la mutuelle applique ses propres plafonds, dont un maximum réglementaire de 100 € sur la monture.

Le panachage, souvent ignoré

Rien n’interdit d’associer une monture de classe A à des verres de classe B, ou l’inverse. Un porteur attaché à une monture particulière peut la payer au prix libre tout en prenant des verres du panier sans reste à charge, et réciproquement. Chaque magasin doit présenter au moins dix-sept modèles adultes de classe A et proposer un devis normalisé qui affiche côte à côte l’offre sans reste à charge et l’offre choisie. Ce devis est le document qui permet de comparer d’une enseigne à l’autre, et il s’obtient avant toute commande, sur simple demande auprès de l’opticien.

Romain Verge

Signé

Romain Verge

Treize ans derrière un comptoir d'enseigne, puis indépendant. Romain a vendu, ajusté, réparé et repris assez de paires pour savoir ce qui se dit devant un client et ce qui se dit en arrière-boutique. Il tient l'annuaire du Collège, compare les enseignes sans en ménager aucune, et explique une monture par ce qu'elle peut porter comme correction plutôt que par la tête qu'elle a.

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