La myopie progresse de manière alarmante chez les jeunes. Pour freiner ce phénomène et ralentir l’allongement de l’œil chez l’enfant, des verres optiques de haute technologie ont été développés. Avant leur inscription spécifique sur la liste des produits remboursables, ces verres dépendaient de codes génériques désavantageux, entraînant une prise en charge obligatoire très faible et un reste à charge élevé pour les familles. Découvrez comment s’articulent les remboursements en 2026 et comment anticiper efficacement votre budget.
À quoi servent les verres freinant la myopie ?
Les verres freinant la myopie possèdent une double fonction. Tout comme des verres correcteurs classiques, ils corrigent d’abord la vision de loin, mais ils agissent également sur certains signaux visuels liés à l’évolution de la myopie. Leur but principal est de ralentir l’allongement de l’œil, qui est le mécanisme responsable de l’aggravation de ce trouble visuel.
Cet équipement est spécifiquement destiné aux enfants et jeunes adultes pour lesquels l’ophtalmologiste détecte un risque de progression de la myopie. Après l’achat des lunettes, le suivi médical régulier reste indispensable. L’enfant doit en effet continuer à être contrôlé afin de s’assurer de l’efficacité du dispositif, de sa bonne tolérance et du bon suivi de sa correction.
Quelle est la base de remboursement par l’Assurance Maladie ?
Jusqu’à récemment, l’achat de verres correcteurs dits « freinateurs » de myopie représentait un arbitrage financier lourd pour les parents. Ces verres visent à ralentir la progression de la myopie, un facteur associé à un risque accru de complications oculaires à long terme. Ces verres innovants n’étaient remboursés par l’Assurance Maladie qu’à hauteur de quelques centimes, sur la base des tarifs génériques de l’optique infantile. Depuis le 30 juin 2025, les verres MiYOSMART du fabricant japonais Hoya figurent sur la liste des produits et prestations remboursables (LPP) de l’Assurance Maladie. Pour les parents dont l’enfant présente une myopie forte ou évolutive, cela ouvre un droit à remboursement partiel encadré par des montants réglementés.
Prix et remboursementVerre Seiko: Tarifs, test & efficacitéLa Base de Remboursement de la Sécurité Sociale (BRSS) est fixée à 44,28 € par verre, soit 88,56 € pour une paire de verres. L’Assurance Maladie prend en charge ces verres à hauteur du taux habituel de 60 %. Ainsi, le remboursement direct et obligatoire de la Sécurité sociale s’élève à 26,57 € par verre (soit 53,14 € pour la paire).
Quel prix maximal l’opticien peut-il facturer ?
Pour protéger le pouvoir d’achat des familles, l’État impose aux opticiens un tarif maximal de vente. Le prix limite de vente au public est fixé à 147,60 € par verre (soit 295,20 € la paire). Un opticien ne peut légalement pas vous facturer le verre au-delà de ce montant.
Exemple de reste à charge pour une paire de verres
Prenons l’exemple d’un enfant éligible à la prise en charge, équipé de deux verres MIYOSMART facturés au prix maximal autorisé, soit 147,60 € par verre. Le coût total des deux verres atteint alors 295,20 €. La base de remboursement de l’Assurance Maladie étant fixée à 44,28 € par verre, la Sécurité sociale rembourse 60 % de cette base, soit 26,57 € par verre. Pour une paire, le remboursement obligatoire s’élève donc à 53,14 €.
Sans intervention de la complémentaire santé, le reste à charge pour la famille serait donc de 242,06 € pour les deux verres, hors prix de la monture.
Quelle prise en charge attendre de la complémentaire santé ?
Les verres MiYOSMART ont été inscrits à la LPP et ne relèvent pas du panier 100 % Santé. Les complémentaires santé peuvent prendre en compte ce code LPP selon les garanties prévues au contrat.
Le montant effectivement pris en charge dépend entièrement des garanties optiques prévues à votre contrat. Certaines mutuelles proposent un forfait annuel « lunettes enfant » incluant verres et montures, d’autres remboursent un pourcentage de la BRSS ou de la dépense réelle.
Prix et remboursementVerre Nikon: Tarifs, test & efficacitéDemandez une simulation de remboursement à votre opticien avant tout engagement. Celui-ci peut interroger votre mutuelle sur la base de votre carte de tiers payant et vous indiquer ce que votre complémentaire prendra effectivement en charge.
Quels enfants peuvent bénéficier de la prise en charge en 2026 ?
L’accès au remboursement de ces verres est soumis à des conditions strictes fixées par l’Assurance Maladie, tels que définis par l’arrêté du 13 juin 2025 publié au Journal officiel.
Les conditions d’âge
L’enfant doit avoir plus de 5 ans et moins de 16 ans au moment de l’équipement. La prise en charge couvre aussi bien le premier équipement que le renouvellement. La mesure est applicable jusqu’au 1er juillet 2030.
Les critères de correction
Le remboursement est réservé à deux profils visuels bien distincts. Il concerne les enfants présentant une myopie forte, avec une correction de −6 dioptries et/ou les enfants présentant une myopie très évolutive, avec une progression d’au moins −0,5 dioptrie par an.
La prescription médicale et la validité de l’ordonnance
La prescription doit être établie par un médecin ophtalmologiste. Elle doit s’appuyer sur un examen adapté, permettant de mesurer précisément la correction nécessaire et d’évaluer l’évolution de la myopie. Pour le parent, cette étape médicale est indispensable : sans prescription conforme, l’opticien ne peut pas appliquer correctement la prise en charge. Le prescripteur doit préciser le code LPP (liste des produits et des prestations) du dispositif sur la prescription.
Pour la première délivrance liée à une ordonnance chez l’enfant de moins de 16 ans, l’ordonnance doit avoir été émise dans un délai inférieur à six mois.
Quelles informations vérifier sur le devis de l’opticien ?
Avant de valider l’achat de lunettes, l’opticien doit obligatoirement vous remettre un devis normalisé. Prenez le temps de vérifier trois éléments fondamentaux :
- les codes de remboursement : assurez-vous que le professionnel a bien consigné les codes LPP spécifiques aux verres de freinage de la myopie (et non les codes de verres unifocaux standards),
- le respect du plafond : vérifiez que le prix unitaire affiché pour chaque verre ne dépasse pas le plafond légal de 147,60 €,
- le devis doit distinguer clairement les verres MIYOSMART, la monture proposée et les codes LPP utilisés. Il doit au minimum comporter une monture de classe A lorsque les verres MIYOSMART sont prescrits.





